Bamako des origines à 1940

Regard de l’autre, regard sur soi

A Bamako vivaient, dans un petit village marginalisé par l’histoire, en plus ou moins grande harmonie, des populations d’origines africaines diverses. Puis, vinrent les nànsaraw (ceux de Nazareth), les blancs ; selon l’expression de A. H. Bâ, « Les peaux de feu qui ne brûlent pas […]. Ceux qui ont des fusils qui se cassent en deux et que l’on bourre par le cul ». Ce fut une rupture car  le citron coupe le lait  ; mais ce fut aussi une ouverture car, même les enfants le savent, c’est la sauce qui rend le fonio meilleur. Alors, l’histoire se précipita, transformant ce bourg de moins de mille habitants en 1883, en la ville de plus d’un million d’habitants aujourd’hui.

Cet ouvrage retrace, dans ses grandes lignes, la création et l’expansion de Bamako des origines à la guerre, dite mondiale, de 1939. Ce temps correspond à la période d’imagination physique de la ville et de son appropriation par les colons. Mais surtout, cette période scelle (de façon définitive ?) l’entrée de Bamako (et du Mali) dans une voie de développement fondée sur le mimétisme d’un modèle étranger.

Après la seconde guerre mondiale commencera pour la ville  une toute autre histoire, une histoire politique. Mais il ne s’agira pas d’une lutte remettant notamment en question le nouveau modèle, mais d’un combat d’appropriation des rênes du pouvoir. Cette période fera l’objet d’un autre document.

 Il n’existe pas de colonisation pacifique ou respectueuse de l’autre. Et l’adoption, volontaire ou non, de nouvelles façons d’être entraîne toujours des ruptures fondamentales. Aussi, discourir sur une période coloniale est toujours une entreprise périlleuse. On  risque de tomber dans l’hagiographie coloniale (« le mal nécessaire » selon les tenants d’un certain souvenir) ; ou on verse, en sens inverse, dans le mythe de la maltraitance, de l’exploitation généralisée et de la résistance héroïque des autochtones (« le vrai visage de la colonisation » selon d’autres, souvent en échec de gouvernance).

Conter la rencontre des Hommes ne peut être objective, surtout lorsque cette rencontre s’est faite dans des violences physiques et morales, et dans des arrangements stratégiques pas toujours avouables aujourd’hui. Mais l’enfant qui naît, dépasse la querelle des parents ; et parler du passé n’est pas juger les contemporains.

Ici, il ne s’agit pas d’écrire l’Histoire de Bamako ; d’autres, dont c’est le métier et la responsabilité le font déjà avec talent. Cartes postales, photos, gravures, chromos, écrits, choix subjectifs de ces éléments… autant de Regards qui ne visent  donc pas à dire la Vérité historique  mais à éclairer de témoignages divers une période encore insuffisamment connue du grand public.

Le choix des documents n’est pas la rareté de ceux-ci, les collectionneurs l’auront remarqué. Il s’agit d’éléments destinés et accessibles au public de l’époque. Même si ces «regards sur l’autre» ont pour fonction première de promouvoir l’action coloniale et de folkloriser les autochtones, ils ont le mérite de décrire une réalité.

• Il s’agit donc de regards. Aussi, il appartiendra à chacun de prendre la distance nécessaire pour restituer les documents dans leurs contextes sociaux et historiques, et pour pouvoir ainsi enrichir ses outils de pensées et d’actions.

Horaires & Tarifs d’entrée

Tous les jours de 9h à 18h sauf lundi.
- Enfants : 100 Francs CFA
- Adultes nationaux et africains : 500 Francs CFA
- Adultes européens et étrangers : 1 500 Francs CFA

Plan d’accès au musée


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Bamako des origines à 1940 Une Histoire de Bamako